Lalbum, ou plutôt le double album, sappelle Lost in the New Real, et cest un petit précis de rock progressif, parfois hargneux, posé sur le tapis dun concept Sci-Fi alambiqué. Un exercice quArjen Lucassen sait pratiquer depuis quelques lustres déjà entre autres projets multi-participants, AYREON, STAR ONE, STREAM OF PASSION ou GUILT MACHINE. Mais celui qui vient de fêter ses 52 ans a cette fois refusé toute intrusion vocale extérieure dimportance si ce nest le conteur, prénommé Dr. Voight-Kampff incarné par un impeccable Rutger Hauer en double référence au film Blade Runner. Rien de bien étonnant pour le moment.
Inutile de préciser que lhistoire part rapidement en vrille entre Mr. L (comprendre Lucassen himself), héros en phase terminale et cryogénisé pour le compte dans un futur décrit comme un méli-mélo entre le virtuel et le réel. Si la barbarie de ce monde sans âme le pousse à demander son débranchement définitif (« Please, switch me off »), Lucassen nous aura auparavant poussé dans des contrées parallèles assez étonnantes : le temps dapprécier une Madonna vierge, un Jimmy Hendrix flutiste ou un Elvis Presley végétarien sur « Where Pigs Fly », clin dil parmis dautres aux classiques du rock. Bienvenue Mr K. Dick.
Cette ambition pousse logiquement Lucassen à jouer sur les valeurs primitives électro (« The New Real »), tout autant que Heavy Metal (« Yellowstone Memorial Day »), flirtant même avec des accents Beatles quon ne lui connaissait pas (« Dr. Slumbers Eternity Home »). Cest dans ce nouveau champ lexical quil convainc le mieux avec le clinquant celtique « When Im a Hundred Sixty-Four » ou le revival Yes des années 80 sur « Parental Procreation Permit » et « E-Police ». On perçoit enfin quelques échos de Porcupine Tree sur « Dont Switch Me Off », qui oscille entre luxe et chaos. Une richesse et une sophistication qui ravieront les amateurs du bonhomme évidemment.
Une impression renforcée par un second disque qui propose cinq morceaux originaux non retenus dans le concept générique (un « crève-cur » pour lauteur) et autant de reprises : « Battle of Evermore » de Led Zeppelin, « Some Other Time » de Alan Parsons Project, « Veteran of Psychic War » de Blue Öyster Cult, « Welcome to the Machine » de Pink Floyd et « Im the Slime » de Zappa. Ce supplément complète une bande originale futuriste qui évite le trop plein de fuel et le bourbier prétentieux sans échapper toutefois à un genre déjà maintes fois revisité. Pas de quoi bouder ce bel objet.
CD 1: 1. The New Real (6:24) 2. Pink Beatles in a Purple Zeppelin (3:36) 3. Parental Procreation Permit (5:03) 4. When I'm a Hundred Sixty-Four (2:30) 5. E-Police (4:07) 6. Don't Switch Me Off (4:06) 7. Dr Slumber's Eternity Home (3:51) 8. Yellowstone Memorial Day (3:31) 9. Where Pigs Fly (3:47) 10. Lost in the New Real (10:19)
Time 47:14
CD 2: 1. Our Imperfect Race (6:27) 2. Welcome to the Machine [Pink Floyd] (4:45) 3. So Is There No God? (4:41) 4. Veteran of the Psychic Wars [Blue Oyster Cult] (4:34) 5. The Social Recluse (3:55) 6. Battle of Evermore [Led Zeppelin] (5:28) 7. The Space Hotel (3:49) 8. Some Other Time [Alan Parsons Project] (3:27) 9. You Have Entered the Reality Zone (3:24) 10. I'm the Slime [Frank Zappa] (2:53)
Time 43:23
Total time: 90:37
Line-up de Lost In The New Real
- Arjen Lucassen / vocals, all instruments (excepted those of featured musicians) - Rutger Hauer / narrations
With:
- Wilmer Waarbroek / backing vocals - Ed Warby / drums - Rob Snijders / drums - Ben Mathot / violin - Maaike P
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