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Ommadawn by Mike Oldfield
Année album : 1975 Type : cd Studio Nb disque : 1 Durée totale - 36:31 Label : Virgin
- Moyenne album : 9.33 - Classement album : 335 - Consultations album : 67779
Critique de Ommadawn
29/12/2002
Vingt-deux ans à peine, Mike Oldfield est au sommet du box office et au-delà de ses phobies. Même si la critique a entamé son autodafé routinié avec Hergest Ridge (1974), comme si lâencensement devait logiquement se punir dâun renversement de tendance chic, le public reste à lâécoute tout comme Richard Branson qui lui garde toute sa confiance financière. Le âphénomèneâ musical cultive quant à lui une frustration et un degré dâinsatisfaction chronique ; son exil dans un manoir paumé au fin fond de lâHerefordshire nâaura pas effacé toutes ses angoisses galopantes. Câest dâailleurs dans cette ambiance aux extérieurs paisibles et impressionnistes, que va naître lâénigmatique Ommadawn, terme gaélique signifiant en substance « idiot ». Névrotique. Conclusion sanguine dâune trilogie aussi tourmentée que viscérale, la partition divisée en trois axes assimile une nouvelle inspiration venue dâAfrique avec la collaboration des percussionnistes de la troupe Jabula. Il ne faut pourtant pas sây tromper : délicates et oniriques, les premières mesures déploient un sens de lâharmonie dépouillée de tout artifice. Mike Oldfield touche à lâépure et la suite demeure un des plus fabuleux crescendo descendu de la planète progressiste seventies. Inclassable, cette danse féconde, entre des rythmiques excitées et une chorale pyrogène (dirigée par Clodagh Simmonds) voit en son sein danser en transe une guitare fissurée, épileptique, calcinée. Plus calme, le second mouvement rejoint les sentiers folkloriques du précédent album encore en mémoire. Lâonirisme général laisse pourtant sa place à un véritable cataclysme construit à lâaide de plusieurs centaines de guitares superposées dans un déluge de saturations distordues. Potards à 11 sur les Marshall. Effet garanti ! Ne reste quâun dernier espoir, très relatif â une improbable sérénité, portée par une chanson naïve aux arpèges arc-en-ciel : « On a Horseback ». Mais cette quiétude de lââme ne trompera personne. Tubular Bells se cognait la tête contre les murs soniques ? Hergest Ridge se drapait dâanthracite ? Nous voici carbonisés pour le compte. Et au milieu, il ne reste plus que la musique. Cette trilogie, odyssée orgasmique dâune somme de mauvais trips existentiels, culmine dans son ultime tableau : Ommadawn, hymne à la vie, halluciné comme un chÅur grec éclaté au LSD. Cyrille Delanlssays
AmarokProg
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