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Dream Theater by Dream Theater
Année album : 2013 Type : cd Studio Nb disque : 0 Durée totale - Label :
- Moyenne album : 8.22 - Classement album : 2839 - Consultations album : 11350
Critique de Dream Theater
01/10/2013
Après 25 ans de bons et loyaux services (et non de longs et boyaux sévices), il était de circonstance de considérer Dream Theater comme les vétérans officiels dâun genre (le métal progressif pour ceux qui ne suivraient pas) quâils ont, non pas inventé, mais promu au rang dâindéfectible renaissance (Images and Words â 1992), à tel point que le groupe contribua fortement à relancer le « prog », rien que ça, avec un paquet de suiveurs plus ou moins talentueux dans son sillage. Ceci posé, lâhistoire assez linéaire des américains en avait pris un coup dans la trogne lorsque Mike Portnoy, batteur et membre fondateur supposé indéboulonnable, quitta le navire il y a trois ans, avec pertes et fracas, sans trop que lâon comprenne le pourquoi du comment. Lâarrivée, à grand renfort de publicité, de Mike Mangini pour le bien nommé A Dramatic Turn of Events (2011) nâavait pas permi de transformer lâessai au-delà dâun album auto-proclamé de transition. Mais comme disait lâEcclésiaste, la suite des événements avait quand même de quoi nous exciter le poil. Et pas quâun peu. Bref, nous revoici en 2013 avec ce douzième opus tant attendu. Entre un artwork hésitant, un premier single rentre-dedans (« The Enemy Inside ») avec son clip graisseux à souhait, et une campagne markteting programmatique surdimensionnée, lâaiguille du pilote automatique frôlait le rouge dépressif. La réinvention annoncée par son titre subtilement éponyme et plein de belles promesses allait-il être le fiasco tel que les critiques-cassandres aiment les raturer périodiquement ? Entre deux eaux. En évitant soigneusement tout changement de cap un tant soit peu aventureux, le groupe, fort dâun savoir faire incontestable, sâépargne la déconfiture sans additif. Sans addicttif non plus. Bon plan. Plus proche de Falling Into Infinity (« Surrender the Reason ») et de lâesprit (uniquement) de Scenes From A Memory (« The Bigger Picture », « The Looking Glass »), on devine que nos amis ont joué placé : la brutalité technique, les chemins de traverse blindés de chausse-trapes et autres fausses pistes (« False Awakening » en mode métal gothique), le labyrinthe sonique proposé déroule une virtuosité à toute épreuve⦠sans jamais surprendre. Et câest tout le problème de lâéquation Dream Theater. OK, John Petrucci sâoffre un premier rôle de choix (une fois de plus) à grands coup de riffs carnassiers, de soli à grande vitesse, de maîtrise impressionnante dand le détaché qui tache à la croche bien accrochée (lâinstrumentale « Enigma Machine », hargneuse à souhait). OK, ses comparses ne sont pas en reste même si lâon sera bien ennuyé de vouloir repérer la moindre influence de Mangini dans les compositions. OK, lâénervant, lâagaçant, le vociférant (rayez la mention inutile) James LaBrie semble avoir un poil levé le pied de sa gorge déployée. Mais alors, que demander de plus ? Un soupçon dâoriginalité, de créativité, dâétonnement, bon sang ! Nous ne sommes pas en face dâun groupe pour club du troisième âge avec les potards malencontreusement coincés à onze. Pourtant, si nos amis peuvent aisément sâaffaler dans leurs capacités au-dessus de tout soupçon, le menu nâévite pas le réchauffé. Et en passer par des titres aussi transparents que « The Bigger Picture », « Behind the Veil » ou « Along for the Ride » nâarrange rien à lâaffaire. Ãvidemment, il y a « Illumination Theory » avec ses 22 minutes protéiformes dont certaines symphoniques (bonjour Octavarium), voire très atmosphériques : le grand opus de lâalbum qui pose à lui seul les hypothèses dâun sur place séduisant en manque de solutions bandantes. Porté par une production ultra lisse qui laisse vrombir les instruments, Dream Theater est un album qui en dâautres temps aurait pu prétendre à devenir un très bon exemple de métal progressif dopé à la nitroglycérine. Aujourdâhui, il alterne une musique faite de bâtons de dynamite instables, prêts à sauter nâimporte quand, avec des séquences efficaces mais trop prévisibles pour souffler la concurrence. Pas désagréable, avec de très belles choses éparpillées, il aura surtout eu le mérite de retarder lâenterrement de luxe que nombre de visionnaires lui avait promis. Invitations à lâappui. Câest déjà pas mal. Cyrille Delanlssays
AmarokProg
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