Depuis 15 ans, Glass Hammer se joue de nos madeleines yessiennes comme dun Jokari. En donnant le micro à Jon Davison sur If (2010), le duo leader Steve Babb et Fred Schendel affichait un peu plus sa volonté de coller au plus près des anglais, à tel point que ces derniers leur « piqueront » sans hésitation pour remplacer Benoît David lui-même remplaçant de Jon Anderson ! Merci à ceux qui suivent. Du coup, The Breaking Of The World sappuie cette fois totalement sur les voix de Carl Groves et Susie Bogdanowicz, ce qui donne à ce seizième opus (!) un peu dair vis-à-vis dune influence un peu trop marquée. Une belle complémentarité qui bâtit un nouveau décor fait de Genesis, ELP, Spocks Beard, Echolyn et Yes bien entendu (on ne se refait pas).
Les fondations sont là, solides. Basse dodue, claviers volubiles, guitares éruptives ou légères, la recette scintille sur lintroductif « Mythopoeia », vintage à souhait. En vouant un vrai respect au rock progressif dhier tout en sachant insuffler des vrais morceaux de contemporain, Glass Hammer joue sur la corde sensible (la montagne russe « Thrid Floor »), allant explorer dans lardu et la complexité quand loccasion se présente (« Bandwagon », fun). Habité par les fantômes de ses références incontournables, The Breaking Of The World prouve également que lécriture à quatre mains est parfaitement huilée.
En ressuscitant ce que les amateurs aiment dans lesprit même du genre, Glass Hammer conserve, après vingt-trois ans de carrière, un sens de la mélodie calibrée (« Haunted »), de la composition à tiroirs qui, si elles ne renferment pas forcément de grandes surprises, parviennent à nous convaincre que laventure mérite amplement dêtre tentée. On a déjà entendu classique moins rebondissant.
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